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Immortel – Voïvod #12

Publié : 28 juillet 2013 dans ARSENIC #12
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Photo: Danny Clinch

Photo: Danny Clinch

Pour notre deuxième entrevue mise en ligne sur le blogue d’ARSENIC, on revisite un passé pas si lointain. Cet entretien avec Michel «Away» Langevin remonte à 2009 et a été publiée dans notre dernier numéro, le #12, paru à l’automne de cette année-là. Les choses ont changé depuis. Jason Newsted était dans le band, Jean-Yves «Blacky» Thériault et Daniel Mongrain étaient des musiciens live… on était alors loin de se douter que le groupe originaire de Jonquière allait nous écrire une bombe comme TARGET EARTH [Century Media, 2013]. Et pour la première fois depuis le départ de Piggy, à moins que je ne m’abuse, ils fouleront le sol abitibien lors de la soirée métal du Festival de musique émergente de l’Abitibi-Témiscamingue, le dimanche 1er août, sur la scène du Petit Théâtre du Vieux-Noranda. Bonne lecture! [PS: le Psyko qui intervient entre les crochets, c’était mon nom d’emprunt pour le fanzine]

Par Martin Guindon

Vous n’êtes pas sans savoir sans doute toute l’admiration que j’ai pour ce groupe. Je connais Voïvod depuis maintenant une vingtaine d’années. Je les ai vus live un certain nombre de fois, du line-up original, à celui avec Eric Forrest… mais pas depuis le retour de Snake ni évidemment depuis le grand retour des gars sur scène avec Dan Mongrain en guise de guitariste. Bon, où reprendre. Il s’est passé quand même quelques petites affaires dans la vie du groupe depuis notre dernière entrevue. Les gars ont finalement enregistré un deuxième album avec tout le matériel laissé par Denis «Piggy» D’Amour, sur son ordinateur. Un album un peu différent, et je vais laisser Michel «Away» Langevin vous expliquer pourquoi. On a aussi jasé de l’intégration de Dan Mongrain, des spectacles, de l’avenir… et d’autres affaires. Voyez par vous-mêmes!

Michel, la dernière fois qu’on s’est parlé, c’était pour ARSENIC #4 [Été 2006]. Vous alliez alors sortir KATORZ [The End, 2006]. Comment avait finalement été reçu cet album?

Ça avait été très bien reçu, dans le sens que ça existe. Par contre, peut-être qu’il y a des gens qui se rendent compte que ça aurait pu être un peu plus développé au niveau des structures des chansons. Mais en général, c’est sûr que ça a été très bien reçu et qu’on n’aura pas vraiment de problème pour INFINI à ce niveau-là, parce que les gens qui écoutent Voïvod sont juste contents que l’on finalise les projets après le départ tragique de Piggy. Nous, on ne pense pas vraiment en termes de conquérir d’autres marchés. On fait du Voïvod et ce sont les amateurs de Voïvod qui en profitent.

À l’époque, vous n’étiez pas encore prêts à faire un show sans Piggy. Vous aviez du mal à voir quel guitariste pourrait le remplacer live. Tu avais alors évoqué un gars avec une signature particulière comme Andreas Kisser de Sepultura. Finalement, votre choix s’est arrêté sur un Québécois pure laine, Daniel Mongrain [Martyr, ex-Cryptopsy, ex-Gorguts, ex-Capharnaum]. Pourquoi?

Dans le cas d’Andreas, c’était plutôt pour un spectacle hommage à Piggy qu’on avait pensé à lui. Mais on ne pensait pas vraiment remplacer Denis pour partir en tournée. Même après la sortie de KATORZ, Denis Bélanger et moi, on s’est un peu éloigné de Voïvod en général pour prendre un peu de recul et développer nos trucs séparés. Je ne pensais plus vraiment retourner sur les planches avec Voïvod. Je pensais même que les gens allaient oublier Voïvod et c’est le contraire qui s’est produit. Au fil des années 2006, 2007 et début 2008, il y avait de plus en plus de demandes de la part des promoteurs pour qu’on fasse une reformation pour faire des spectacles. Les gens en ligne dans des forums de Voïvod insistaient beaucoup pour qu’on entre en studio pour réaliser INFINI. On s’est laissé convaincre. Finalement, Heavy MTL [PsyKo : juin 2008], c’était tellement merveilleux comme expérience que ça nous a encouragés à faire d’autres spectacles avec Ozzy à Calgary, puis le Centre Bell avec Judas Priest et le Japon avec Testament. On est revenu «réénergisé». Dans le cas de Dan, c’est surtout un ami de Jean-Yves [«Blacky» Thériault, bassiste]. Par contre, je l’avais vu faire un medley de Voïvod avec Jean-Yves en 2007 au Club Soda pour les 25 ans du métal québécois. Denis et moi, nous étions dans la salle et on a vraiment été impressionnés. C’était clair dans ma tête que techniquement, Dan n’aurait aucun problème à reproduire les accords de Denis. C’est aussi quelqu’un de très humble et ça, c’est super important. Donc, c’est un peu à travers Jean-Yves qu’on a connu Dan et finalement, c’est un Voïvod [rires].

Je ne pensais plus vraiment à retourner sur les planches avec Voïvod. Je pensais même que les gens allaient oublier Voïvod et c’est le contraire qui s’est produit

Donc, le premier show depuis le départ de Piggy aura été celui du Heavy MTL?

Oui. Et ça a pris du temps avant que je me laisse convaincre. C’est Snake qui m’est arrivé à un moment donné et m’a dit : «Si on ne donne plus de spectacles et si on n’entre pas en studio pour finaliser INFINI, la musique va pourrir et mourir. C’est mieux de la faire vivre.» C’est vraiment ça qui m’a convaincu et là, je ne le regrette pas du tout. On a entre 20 et 25 festivals de prévus cette année en Europe, au Québec et au Mexique. Je trouve ça vraiment excitant et j’espère qu’on va tourner jusqu’à ce qu’on ne puisse plus tourner. Les breaks ont été vraiment très longs dans la carrière de Voïvod. Il y a eu des périodes… comme là, je pense que ça fait presque dix ans qu’on n’a pas joué en Europe. Ça n’a pas de bon sang, dans la carrière d’un groupe. Je veux vraiment qu’on en profite. Surtout qu’on est comme passés dans une catégorie thrash métal classique où l’on partage la scène des festivals avec d’autres groupes de notre génération. C’est un mouvement très apprécié, surtout en Europe. On va donc en profiter.

Mais on parle surtout de festivals. Pensez-vous faire une tournée nord-américaine pour supporter INFINI par exemple?

Hmmmm. Ça, je ne pourrais pas te dire. Je pense qu’on va plus se concentrer sur les festivals. Je ne penserais pas qu’on fasse une tournée nord-américaine dans les clubs, à moins qu’un groupe nous invite à ouvrir pour lui, comme Slayer ou je ne sais pas. Là, ça pourrait être très intéressant. Mais partir en tournée dans les clubs, ça me semble moins intéressant que de faire les festivals pour l’instant.

Vous avez donné des concerts au Japon. Raconte-nous un peu cette aventure. Vous y étiez déjà allés?

Non, c’était la première fois et c’était une expérience assez incroyable. La plupart des gens ne nous avaient jamais vus et nous attendaient depuis 25 ans. C’était quelque chose en tout cas [rires]. En fait, ça a tellement bien fini notre année de spectacles l’an dernier que c’est un peu ça qui nous a donné l’énergie, à Denis et moi, pour entrer en studio et finaliser INFINI. On s’était reconstruit depuis KATORZ. À l’époque de KATORZ, on était en état de choc et on n’était beaucoup plus focus que sur le nouvel album.

Parlons-en justement de ce nouvel album. INFINI sort le 23 juin sur Sonic Unyon au Canada et Relapse aux États-Unis. Votre entente avec The End était pour un album seulement?

C’était renouvelable, mais je pense… En fait, c’est une séparation qui s’est faite à l’amiable. Je ne sais pas. Peut-être qu’eux considéraient que… En fait, je ne pourrais pas dire. Moi, je suis un peu content. J’essaie de ne pas trop devenir ami avec les gens de compagnies de disques pour ça, parce qu’à chaque deux albums, on peut changer [rires]. Je laisse surtout ça dans les mains de notre gérance, qui va s’organiser pour que ce soit la meilleure situation pour le groupe. The End Records, c’était pour KATORZ. Relapse, c’est pour INFINI. Et le prochain album, s’il y en a un autre, je ne sais même pas qui va nous signer. Avec Voïvod, j’ai appris à prendre ça au jour le jour, inquiète-toi pas [rires].

Est-ce que le titre, INFINI, a une signification particulière, en lien peut-être avec le fait d’immortaliser ces dernières chansons de Piggy pour la postérité?

Oui, c’est un peu pour mettre l’accent sur le côté éternel de la musique que Denis D’Amour avait écrite avec le groupe. Le fait aussi que ce soit un titre en français, c’était pour nous représenter, nous autres et nos origines. Ça voulait aussi un peu dire que Voïvod est immortel. Dans le fond, ce n’est jamais fini. Il peut arriver d’autres trucs dans le futur. On peut faire d’autres projets. C’est aussi un petit clin d’œil évidemment à Denis D’Amour.

Le fait aussi que ce soit un titre en français, c’était pour nous représenter, nous autres et nos origines. Ça voulait aussi un peu dire que Voïvod est immortel

Donc, sur INFINI, on retrouve les 13 dernières chansons que Piggy avait composées avant sa mort. Les 10 premières avaient été endisquées sur KATORZ. Comment aviez-vous fait le choix des chansons qui apparaîtraient sur chaque album?

Ce qui est arrivé, c’est qu’en 2004, on avait fait les démos pour les 23 chansons. À ce moment-là, Denis était allé à San Francisco au studio de Jason, et toujours avec son laptop, il avait enregistré les pistes de basse de Jason. Jason avait composé la basse pour dix chansons. C’est ça qui est devenu KATORZ. Pour INFINI, pour les 13 chansons qui n’avaient pas de basse et qu’on a finalisées l’an dernier, Jason a dû écrire la basse. Il les a enregistrées à San Francisco. Donc, c’est une sélection qui s’est fait plus par Jason. Peut-être qu’il a fait la basse pour dix chansons qui pour lui étaient connectées? Je ne sais pas. Il avait écrit ces dix partitions-là. Peut-être que c’est aussi complètement au hasard. Mais c’est étrange. Les gens trouvent que INFINI est un peu différent de KATORZ. C’est peut-être juste le fruit du hasard…

Peut-être… Comment s’est déroulé cette fois-ci le processus de création? Est-ce qu’il a différé de celui de KATORZ? Comment avez-vous enrobé les chansons à partir des guitares de Piggy?

J’ai fait la batterie. On l’a envoyée avec les riffs de guitare à San Francisco, où Jason a fait la basse. Il nous a renvoyé tout ça et Denis Bélanger a fait le vocal par-dessus tout ça. Alors, on a tout fait ça dans des studios différents, encore une fois, à des moments différents. C’est un processus assez étrange, parce que en bout de ligne, il faut faire sonner ça comme si c’était un groupe dans une pièce. Ce n’est pas évident.

Si je comprends bien, les tracks de guitare n’ont aucunement été altérées. Elles sont exactement comme Piggy les avait enregistrées?

Tel quel, et encore plus que sur KATORZ. Sur KATORZ, on avait réamplifié les pistes, mais sur le nouvel album, on ne l’a pas fait. Denis Bélanger a beaucoup insisté. Il voulait que ça sonne comme le laptop, comme Denis dans son appart. On ne les a donc pas réamplifiées, on les a prises telles quelles. Mais c’était très peaufiné. Il avait fait plusieurs pistes. Il avait fait des solos. Des fois ça me fait penser qu’il s’était peut-être dépêché professionnellement de tout faire, parce qu’il sentait que quelque chose n’allait pas. Je ne le sais pas. C’était finalisé, plus que l’on s’en attendait.

Pour l’enregistrement, vous avez fait ça dans le studio de Jason [ex-Metallica]? J’ai lu qu’il avait mixé l’album. Est-ce que d’autres personnes ont été impliquées à d’autres étapes de la production? Glen Robinson, par exemple?

Glen a tracké le drum et le vocal. La basse a été faite à San Francisco avec l’ingénieur avec qui on avait fait le premier album avec Jason, VOIVOD [].

C’est finalement Jason qui a fait la basse sur l’album? J’ai cru lire à un moment que vos anciens bassistes, Jean-Yves «Blacky» Thériault et Eric Forrest, allaient se partager la tâche?

Ce qui est arrivé, c’est que j’étais supposé de faire les pistes de drum au début de 2008. À ce moment-là, Jason avait eu une opération et il n’était pas disponible pour faire toutes les pièces. On s’était dit que ça pourrait être intéressant s’il avait fait 3-4 pièces, puis Blacky en aurait fait 3-4, puis Eric Forrest aussi. Mais avec les spectacles qui ont été bookés, il a fallu retarder la session de drum à la fin de 2008. Rendu là, Jason était complètement remis de son opération. Vu qu’il avait participé à l’élaboration des pièces en 2004, il voulait vraiment essayer de toutes les faire. Sinon, on serait retourné au plan A. Finalement, il a réussi à toutes les faire. Ça lui tenait à cœur. Il disait que l’album, c’était aussi son bébé. Mais bon, peut-être que dans un futur rapproché ou éloigné, on fera un album avec Dan Mongrain et tous les bassistes impliqués, je ne sais pas [rires]. Voïvod, c’est maintenant une grande famille et c’est ça qui est le fun.

Votre bassiste en spectacle est Blacky?

Oui. Là on fait une tournée de festivals avec Blacky, Dan Mongrain, Snake et moi. On se concentre surtout sur les pièces des six premiers albums, comme on avait fait l’année passée, mais là on a inclus deux pièces du nouvel album, parce qu’on veut quand même le prévoir.

Donc, il n’y a pas de chansons des albums sortis entre ANGEL RAT et INFINI?

En effet.

J’ai aussi cru comprendre qu’INFINI serait le dernier album de Voïvod. C’est vraiment le cas? Pourquoi?

Ce n’est rien de sûr encore. Il y a quand même une forte possibilité. J’aimerais ça continuer de travailler sur des projets avec Voïvod le plus longtemps possible. Je ne sais pas. Je sais que c’était écrit dans le communiqué. Mais ça revient plus à comme je le disais tantôt. Je vais le prendre plus au jour le jour, comme j’ai toujours fait avec Voïvod. Cette année, on a tellement de travail juste avec les festivals et la promotion d’INFINI, que c’est plus l’année prochaine que je vais me mettre à réfléchir à tout ça.

Tu disais plus tôt que musicalement, les gens t’ont dit qu’ils sentaient comme une différence entre KATORZ et INFINI. J’aurais tendance à être d’accord. Je sens d’ailleurs une certaine fluidité sur chacun des albums qui leur est propre. Qu’en penses-tu?

Je sens une différence entre INFINI et KATORZ. Je pense que le nouveau est un peu plus dark et peut-être un peu plus punk, mais c’est peut-être juste que dans ma tête, ce sont des sessions différentes, avec des ambiances différentes. KATORZ, on était en état de choc. C’était deux ou trois mois après le départ de Piggy. Je vois ça différemment. Pour INFINI, on avait eu le temps de se reconstruire et de se réénergiser. Je vois ça comme un album plus positif, même si les gens le trouvent plus dark. Je suis un peu d’accord, dans le sens qu’il est un peu plus intriguant comme album. KATORZ était peut-être un peu plus rock. C’est peut-être pour ça que Jason avait choisi ces chansons-là pour faire la basse dans le temps. Les dernières années où Jason était dans Metallica, c’était devenu très rock. Peut-être qu’il avait une préférence pour ça. Le nouvel album est peut-être un peu plus progressif.

Et KATORZ contenait aussi un peu plus de rage, par rapport à tout ce qui s’était passé avec Piggy?

Ah oui, ça s’est vrai par exemple. On était indignés. On trouvait que ce n’était pas juste, c’est vrai.

Côté textes, on retrouve les bonnes vieilles préoccupations environnementales de Voïvod. Je pense notamment à des chansons comme «Earthache» et «Global Warming». Même la pochette de l’album, avec le masque à gaz, semble y faire référence. C’est un thème qui vous tient particulièrement à cœur?

Oui, tout à fait. On se concentre pas mal toujours sur l’armement et l’environnement. Par périodes, il y avait des gens qui semblaient penser que c’était démodé, mais nous autres on a toujours insisté là-dessus. Mais là, c’est revenu. Avec l’Iran et la Corée du Nord, toute la question de l’armement est revenue dans l’actualité. On trouve ça important. On a toujours voulu avoir un contenu social. Mais c’est raconté à travers des histoires de science-fiction, pour rendre ça plus intéressant et moins prêchi-prêcha. Mais oui, nos textes touchent beaucoup le nucléaire et l’environnement.

J’avais déjà lu dans une vieille entrevue, dans les années 80, où vous faisiez beaucoup référence à l’aluminerie à Arvida, pour l’environnement…

Oui, ça, c’est vrai. Le Saguenay, c’est super beau. Mais c’est vrai que les usines de Price et de l’Alcan ont influencé nos compositions au tout début et c’est probablement resté dans notre signature.

De quoi parle une chanson comme «God Phones»? De religion? [PsyKo : je n’avais pas encore les textes!]

Non, pas nécessairement. Je pense que Snake voulait parler plus d’hallucination, de schizophrénie, de paranoïa que de religion comme telle. Le procédé n’est plus comme dans le temps, où j’écrivais un concept et tout ça. Depuis que Snake est revenu dans le band au début des années 2000, j’insiste pour qu’il écrive ses propres histoires parce que je ne veux pas répéter les erreurs de l’époque où Snake se faisait dire de quoi parler. Ce n’est pas comme ça que je veux fonctionner et lui non plus, j’en suis certain. Il écrit sur ses préoccupations. Je lui donne des idées une fois de temps en temps. Quand je trouve des trucs de conspiration sur Internet qui peuvent stimuler l’imagination, je lui en parle. Je sais que Jason lui donne souvent des poèmes et de l’écriture automatique, mais c’est Snake qui écrit ses propres textes. Et il s’influence beaucoup de la musique aussi.

Qu’est-ce qui se passe à la fin de la chanson «Volcano»? Dois-je craindre des messages subliminaux?

[rires] Je ne penserais pas. Snake et Jason aiment ça déconner comme ça entre les chansons ou à la fin des chansons. Ils en ont fait une habitude, on dirait. Je trouve ça comique, personnellement. Ce n’est pas très sérieux. On avait fait quelques expériences comme ça, je pense que c’était sur «Flying Cigar» en 2003. C’est le côté Jason qui ressort, ça.

Le masque à gaz en couverture de l’album, j’ai cru comprendre que c’est une œuvre que tu avais réalisée pour un documentaire de Jean-Marc E. Roy?

En fait, c’est un docu-fiction qui s’appelle PANORAMA. J’avais fait ça pour l’affiche et la couverture du DVD. C’est un film de 22 minutes. Les compagnies de disques ont vraiment aimé ce masque à gaz là et ça a fini par être la pochette. Ça fait un peu Motörhead dans le fond. Ce sont mes influences Motörhead qui refont surface.

J’ai lu que le groupe travaillait sur un court vidéo de type «making of» d’INFINI. À quoi doit-on s’attendre?

Juste un petit clip comme on avait fait pour KATORZ, encore avec Sam Dunn, qui a fait Global Metal, Metal A Headbanger’s Journey et le dernier film sur Maiden. C’est lui qui nous aide à faire ces petits clips-là. Il a fait des entrevues avec des amateurs de Voïvod, comme Dave Grohl. C’est un petit kit de promotion qui sera en ligne. Tout ça pourrait aussi faire éventuellement partie d’un documentaire. C’est juste que ça coûterait un peu cher pour le finaliser. Si on avait des subventions, on serait capable de le finaliser. Il est presque à moitié achevé. Il y a énormément de matériel qu’il faudrait éditer et monter. C’est vraiment une question d’argent, comme pour la plupart des projets de Voïvod. Ça prend toujours deux ou trois ans pour les réaliser, parce qu’au fur et à mesure qu’on a de l’argent, on l’investit dans nos projets. Ça peut être long des fois. C’est autoproduit en général.

C’est assez incroyable tout ce que fait Sam Dunn pour le métal depuis quelques années. Ces deux documentaires sont vraiment excellents.

Il est en train de remettre le métal sur la mappe à lui tout seul, c’est vraiment incroyable. Il faut lui donner ça. Je n’ai pas encore vu son film sur Iron Maiden, mais je suis convaincu que c’est aussi bien intéressant.

Tu as publié un livre d’art, intitulé «Worlds Away» [www.voivodbook.com]. Parle-moi de ce qu’il contient…

On y retrouve tout, en fait plus que tout. En plus d’avoir les t-shirts et les pochettes, les trucs que j’ai faits pour les vidéos. Il y a les sketches qui sont faits en tournée ou en studio. Il doit y avoir 500 dessins ou quelque chose comme ça. Il y a du texte aussi, tiré d’entrevues que j’ai faites avec Martin Popoff, et des entrevues avec d’autres gens du milieu métal, qui sont des amateurs de Voïvod. Les dessins, ça part d’aussi loin que 1976, quand j’étais à l’école et que je commençais à créer la mythologie Voïvod sur des feuilles quadrillées [rires]. Ça finit en 2008. Ça couvre vraiment toute la carrière et toute la mythologie Voïvod [PsyKo : pour votre culture, selon Wikipédia : Le Voïvod est un chevalier-vampire-androïde de l’ère postnucléaire. Inspiré d’une légende transylvanienne, cet antihéros est sorti tout droit de l’imaginaire de Away, le batteur, auteur et illustrateur du groupe. Le personnage Voïvod évolue et se métamorphose d’un album à l’autre]. On a fait 3000 copies de très bonne qualité. On va voir à partir de là si on les vend tous, on fera une deuxième édition. Mais si j’en vends 3000 copies, je serai déjà très content.

Je le mets sur la liste de cadeaux de fête et ma fête est juste en décembre. J’espère qu’il va en rester jusque-là!

[rires] Inquiète-toi pas, c’est quand même assez underground. Ça va prendre au moins un an pour vendre 3000 copies, je suis pas mal sûr…

Parlons deux minutes de toi. Outre Voïvod, tu es dans d’autres projets. Il y a les Ékorchés. C’est un beau trip de chums ça…

Oui, c’est un super trip. Vu que ce sont des gens impliqués dans d’autres groupes, on ne fait pas énormément de spectacles. En plus que je suis de moins en moins disponible. C’est un beau trip de métal en joual. J’adore ça.

As-tu d’autres projets? Qu’advient-il de Aut’ Chose? Kosmos?

Peut-être un deuxième Kosmos. Je fais aussi beaucoup de concerts avec Martin Tétreault, qui est dans un milieu plus avant-garde. C’est plus de l’improvisation. Peut-être qu’on va travailler sur un album de Aut’ Chose, mais ce n’est pas sûr encore. On va voir comment ça va aller.

Tu n’étais pas impliqué dans le projet de Snake, Paranoland?

Non. Snake y travaille encore avec une gang de chums. Je pense que ça ne s’appelle plus Paranoland, mais il se tient occupé aussi musicalement de son côté.

Pour finir ça, je voulais aborder le show du 4 juillet à Ville Saguenay avec Death Dealer. Ça va faire combien de temps que vous n’avez pas joué à Jonquière?

La dernière fois, c’était il y a dix ans avec Grimskunk au Stade Desmeules. Ça fait un sacré bout de temps. En plus, c’est comique, parce qu’on va à la Place Nikitoutagan, où on a fait notre tout premier show en 1983. C’est le grand retour!

Death Dealer, ça remonte pas mal à votre époque aussi, ça…

Ça remonte à 1983 ou 1984 comme nous. Ils étaient là au tout début de Voïvod. Eux, ils étaient un peu les Iron Maiden et nous, les Venom [rires].

VOIVOD [2009]

Denis «Snake» Bélanger, voix

Jason «Jasonic» Newsted, basse

Michel «Away» Langevin, batterie

Denis «Piggy» D’Amour, guitare [RIP]

Musiciens live

Jean-Yves «Blacky» Thériault, basse

Daniel Mongrain, guitare

Site officiel

Metal Archives

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