Archives de janvier, 2014

Copperfield

[Photo: Charles Fontaine]

ARSENIC est d’abord et avant tout un fanzine métal, mais on a souvent flirté avec le hardcore et ses variantes, dont la parenté n’est jamais très éloignée du métal. On le fait encore davantage quand c’est un groupe abitibien ou québécois. Dans ce cas-ci, j’ai profité de mon passage au lancement de l’album THIS IS IT… de Slingshot Brothers au début de décembre pour piquer une jasette avec deux membres fondateurs de Copperfield, David Lavictoire et Francis Beaulieu. Le groupe a sorti son premier véritable album, MONUMENTS, le 11 novembre 2013. Celui-ci sera lancé le 22 février à Rouyn-Noranda. Je vous présente donc la 2e nouvelle entrevue d’ARSENIC, après celle avec Daniel Mongrain. D’autres sont à venir, c’est dans mes résolutions de 2014 (!). Restez à l’affût! [Vous pouvez lire ou relire l’entrevue réalisée avec David en 2011 pour Abitibi Express après la sortie du demo MMXI]

Par Martin Guindon

Copperfield. Par où commencer? Allons-y par le début. Ça fait longtemps que le groupe existe?

David: Le groupe a commencé en 2011. Le projet comme tel, ça doit faire proche une dizaine d’années que le concept me trottait dans la tête, mais on n’avait jamais vraiment concrétisé un band autour de ça.

Francis: C’était censé être un autre projet que David avait avant ça. Et moi je trippais sur le nom. Copperfield, j’aimais ça.

David: Il aimait bien l’idée, alors il disait: pourquoi on ne ferait pas ça ensemble, au lieu de laisser ça traîner. Il a réussi à me convaincre de continuer ça sur les cendres de Valet.

Dans le fond, c’est né des cendres de Valet justement. Vous êtes tous des anciens membres de ce groupe?

Francis: En fait, Yannick [St-Amand, ex-Despised Icon, Slingshot Brothers] était dans Valet. Il a été remplacé par Simon dans le groupe, qui lui prévoit maintenant partir. On est déjà en train de former tranquillement un autre gars pour le remplacer.

David: Un petit changement de line-up qui s’en vient. Les autres membres sont Christian Poulin à la batterie, Jean-Benoit Lefebvre à la basse. Ça fait longtemps que JB et moi on se connaît et on a fait différents projets ensemble [But a Statue, Of a Small Spark a Great Fire]. Christian et moi, on a déjà joué ensemble… en 2001-2002 dans un groupe [In the Forms of Regret]. C’est pas mal tout le temps le même noyau qui revient, avec des petites pauses entretemps avec d’autres projets.

Musicalement, Copperfield, c’est du métalcore?

David: Hardcore, je dirais plus. En tout cas, plus ça va, on est plus proche du punk rock que du métal, sans tomber dans le old school, parce qu’il y a encore un petit côté progressif si on veut qui touche plus au métal.

Francis: Il y a clairement des tons. Je pense que c’est un peu tous nos influences. Quand on fait la musique, on essaie de sonder un peu le terrain pour savoir qui aime quoi, pour aller chercher un peu de ce qu’on aime tout le monde.

David: Il n’y a pas vraiment de balises du genre: bon ok, on fait un hardcore punk bien classique. Il y a toujours un mixte de toutes sortes d’influences.

Est-ce que le processus créatif est collectif?

Francis: Plus ou moins. Principalement, c’est moi qui fais la musique. David fait les paroles. Ensuite, on ramasse les idées de tout le monde. On a tous des vies, tout le monde est occupé. C’est difficile parfois d’avoir les gars pour composer. On essaie de s’arranger pour que tout le monde aime ça dans le groupe.

Et sur l’album, on retrouve combien de chansons exactement?

David: C’est neuf morceaux, mais ça compte une intro et un genre de skit si on peut dire. C’est tout du matériel original. C’est sept chansons complètes.

Francis: Un petit scoop! Il était supposé d’y avoir deux tounes de Valet, parce qu’on avait enregistré la batterie et les guitares pour un album de Valet. On pensait que ces deux chansons-là allaient fitter…

David: Finalement, on s’est rendu compte que ça n’allait pas très bien se souder avec le reste. On a décidé de les laisser de côté. Peut-être qu’on pourra les réutiliser éventuellement, pour un autre projet, on verra.

Sept chansons, on parle d’un album complet ou d’un EP?

David: Ça donne environ 30 minutes de musique, dans le genre, on peut dire que c’est un album complet. [rires]

Les chansons de l’album, c’est tout du matériel récent?

David: Oui. Il y a trois des chansons qui étaient sur notre démo de 2011, mais des petits arrangements qui ont été refaits et des back vocals de plus. La qualité sonore a aussi été améliorée.

Vous avez enregistré ça à ton studio, Francis?

Francis: Non, c’est tout chez Yannick [St-Amand] sauf pour les voix. Les voix on les a faites chez nous. Mais tout le reste a été fait chez Yannick et le mastering a été fait par Jef Fortin [Badass Studio, Anonymus].

David: Tous les instruments ont été faits au Northern Studio [Villemontel, Trécesson, en Abitibi]. C’est Yannick qui a enregistré et mixé. Au niveau de la production en général, c’est pas mal le band qui produit.

Ça parle de quoi au niveau des textes? On sent qu’il y a des thèmes récurrents. Ça semble se coller beaucoup à l’histoire minière de l’Abitibi et surtout, de Rouyn-Noranda?

David: Il y a toujours ce petit côté nostalgique des débuts de la région. Ça touche beaucoup le thème minier. C’est beaucoup inspiré soit de faits vécus qui m’ont été racontés ou tout simplement de photos d’archives qui m’ont donné un flash. Copperfield, ça tourne beaucoup autour du domaine minier, le côté working class. Le contexte dans lequel la région a été bâtie. De penser que des gens sont débarqués ici au début et il n’y avait qu’une track de chemin de fer, des arbres et des lacs.

Francis: Et ça ne fait pas si longtemps que ça.

David: On peut avoir des grands-parents ou des arrières grands-parents qui ont vécu ça. Quand ils sont arrivés, il n’y avait rien du tout.

Francis: Même pas de Wi-Fi! [rires]

Est-ce que l’album est déjà disponible. Je sais que vous avez vos copies, mais est-ce qu’on peut se le procurer?

David: Oui, il est disponible sur Internet. On a fait faire une première batch de 100 copies physiques, qui est quasiment déjà toute écoulée. Sinon, il est disponible en ligne sur le bandcamp de Blind Eye Records. Il peut être commandé sur le StoreEnvy de Blind Eye. On a aussi plusieurs copies parties pour Montréal. Il va y en avoir au SoundCentral, au Knock Out à Québec.

Blind Eye Records [Facebook], c’est le projet d’un gars de Rouyn-Noranda, ça?

David: Oui, Serge Beauvais.

Francis: On ne le connaissait pas beaucoup. On a fait connaissance avec lui surtout cette année.

David: C’est un bon gars. Il est dédié à la scène. Il a le goût de faire la promotion des bands. Il veut aider à faire entendre la musique d’ici. On travaille aussi en collaboration avec GBS Records [Facebook], un label de Montréal qui a aidé à financer pour l’impression de l’album. Ils s’occupent de distribuer leurs copies dans les distros.

Et là, vous prévoyez faire un lancement en début d’année 2014?

David: Oui, on veut faire un show de lancement pour l’album. La date qui est prévue, c’est le 22 février. Il reste des détails à confirmer [Martin: C’est confirmé pour le 22 février, au Petit Théâtre du Vieux-Noranda, à 20h, avec Carey de Thetford Mines et Le Conflit de Saint-Marc-de-Figuery].

Sinon, j’ai vu que vous faisiez des shows à l’occasion, de façon ponctuelle?

David: Le dernier qu’on a fait remonte en septembre. On a joué au Broughton Fest dans le coin de Thetford Mines. On a le show de lancement qui s’en vient. Avec probablement un autre band «minier», Carey, de Thetford Mines justement. C’est un peu notre groupe frère. Ça fait référence à une mine là-bas. Les deux bands ont été révélés au public en même temps. On a un peu les mêmes idées. Au lieu de faire un petit clash avec ça, on a décidé de faire des choses ensemble.

Maintenant que l’album est sorti, j’imagine que vous allez surtout vous concentrer sur les spectacles?

David: Non, on va faire le show de lancement, ça c’est sûr, mais on travaille déjà sur du nouveau matériel. Après le show, on va tourner la page. Nos situations respectives, avec les familles, ne nous permettent pas de faire de la tournée. On va peut-être faire quelques shows. On n’haïrait pas de sortir un peu de la région.

Copperfield [2013]

Christian Poulin – batterie

David Lavictoire – voix

Francis C. Beaulieu – guitare

Jean-Benoit Lefebvre –basse

Simon Descôteaux – guitare

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